mains-enfants-parents« L’un des chemin de la crèche et du centre aéré passe devant chez moi, et chaque matin je peux donc voir maman et son bébé, maman et son petit, papa…
Et, presque chacune de ces observation est source d’un enseignement. »

Ce matin :
Maman est descendue du bus après son petit garçon qui avait à peu près 3 ans.
Les bus marseillais ont la particularité d’avoir des marches à environ 50 cm du sol …
Puis, petit gars s’est tourné vers maman cherchant son regard, lui a tendu sa petite main … qui a effleuré le bras …
Maman a retiré son bras l’essuyant de sa main.

La petite main est restée en l’air… espérant le rattrapage, mais rien n’est venu… si ce n’est le recul de maman.
Petit gars n’a pas compris mais a avancé sous le geste directif de maman restée à deux bons mètres derrière sans un regard.
Petit gars devant et l’écart s’étirant, tôt le matin, pendant les vacances…

« J’ai pleuré sans larme en entendant le cri sourd de ce petit, la gorge nouée, les questions muettes cognant dans la tête.»

Se lever tôt, sortir de chez soi, se faire pousser devant, sans avoir fait de bêtise : pourquoi maman ?
Qu’il y-a-t-il dans ton cœur pour me faire mal de bon matin ?
Tu refuses la chaleur de ta main pendant le chemin, dernier partage avant de longues heures.
Maman, ma p’tite maman, pourtant ta main m’aurait tellement fait de bien, me rassurant avant l’énième séparation, avant cette nouvelle journée où je rirai pour contenir mes larmes.
En grandissant et dès demain, j’espère que tu me donneras ta main pour partager nos cœurs encore quelques minutes.
J’efface vite les bobos car je ne connais pas encore la rancœur, mais chacun d’eux laisse tout de même sa trace, et, comme la roche sous la goutte qui tombe et retombe, je risque de me creuser, la scarification sera alors profonde.

Bonne journée maman.

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